Pacrours-mini-transat-2021

LA MINI TRANSAT

DEPART DANS :

C’est quoi la Mini Transat ?

La Mini-Transat est une course créée en 1977. L’objectif, traverser l’Atlantique à la voile sur des bateaux dont la longueur est limitée à 6,50m. L’idée à émergé suite à la course à l’armement des années 70 qui réservait alors la course au large à une élite. Bob Salmon, journaliste, décide de créer une course trans-océanique à portée de tous en limitant la taille des bateaux. Cette nouvelle course rencontre un grand succès malgré les nombreuses critiques de tout bords la jugeant trop dangereuse. En parallèle une autre course se développe en France : La Route du Rhum.

« Il fallait un événement, plus important qu’une régate côtière, ouvert à monsieur Tout-le-monde, c’est-à-dire des gens comme moi, pourvus de petits moyens mais d’une grande passion pour la mer et la course, et à des bateaux qui leur soient accessibles, une vraie course enfin, avec pour chacun une chance égale de l’emporter. La seule façon de réunir toutes ces conditions était de limiter la taille des bateaux afin que l’aspect financier ne prenne pas trop d’importance…

Bob Salmon, créateur de la Mini Transat (extrait de : 40 ans de Mini-Transat, À la rencontre de l’Homo oceanus minitransatus – Patrick Benoiton )

Au départ de Penzance (UK) jusqu’en 1983, la Mini Transat se déroule tous les deux ans. Au fil des années, elle s’est forgé et imposée comme une épreuve majeur de la course au large en solitaire. Attirant toujours plus de monde, une véritable émulsion s’est créée entre les concurrents, à la fois solitaires et solidaires. On parle “d’esprit mini”, il est désormais ancré dans la culture maritime. La Mini Transat a vu naître de nombreux grands marins et permis réaliser des milliers de rêves, faisant d’elle une véritable institution.

« Le fameux esprit mini a une nouvelle fois régné sur le bassin, provoquant pendant les quelques jours précédant le départ la valse des outils, du matériel et des conseils de voiliers en voiliers. Bob Salmon a investi la criée de Penzance pour y installer un bar derrière lequel officiaient les dames du club. Tout le monde s’y retrouve pour dévorer un sandwich grillé cheese and onions et vider une half pint of bitter avant de retourner poser un rail d’écoute ou courir chez le shipchandler local et acheter le taquet qui manque. » (Jean-Luc Garnier – Voiles et Voiliers 1981)

La Mini Transat en 2021

Quel est le parcours de la Mini Transat 2021 ? La distance ?

En 2021, son départ sera donné des Sables d’Olonne et la descente de son chenal (rendue mythique par le Vendée Globe), direction Saint-François en Guadeloupe avec une escale aux Iles Canaries (Santa Cruz / La Palma). La distance théorique est de 4000 miles nautiques soit environs 7300km. On fonction de la météo, la distance réel à parcourir sur l’eau est souvent beaucoup plus longue et le parcours n’est pas une ligne droite.

Combien de temps dure la course ?

Lors de la dernière édition, le vainqueur François Jambou à réalisé le parcours en 20 jours et 20 heures sur l’ensemble des deux étapes. Seulement 12 jours pour la seconde étape à une vitesse moyenne d’environs 10 noeuds. En 1977, seul le temps de la deuxième étape était compté, Daniel Gilard était arrivé en tête après 22 jours et 18 heures soit 10 jours de plus. 

Qu’est ce qu’un Mini 6.50 ?

Le Mini 6.50 est le plus petit voilier de course au large du monde, il mesure 6,50 mètres de long et 3 mètres de large. Il y a deux catégories de bateaux définies par la jauge (règlement), les bateaux de série qui sont des “bateaux d’usine” construits au minimum à 10 exemplaires, et les Protos, une catégorie “open” pour des bateaux uniques, souvent plus évolués sur le plan technique. Je partirai sur un Proto.

Sans assistance ni moyen de communication ?

La Classe Mini a su garder l’esprit d’origine minimaliste. Le règlement de la course n’autorise aucune assistance extérieur. Il n’y aucun moyen de communication avec la terre. Seule un radio VHF d’une porté de quelques kilomètres permettant de communiquer avec d’autres bateaux est autorisée. Il est donc impossible de recevoir des fichiers météo sur un ordinateur. Un bulletin radio est émis tous les jours. Il n’y a pas non plus de cartographie électronique, seul un GPS indiquant la position que l’on peut reporté sur des cartes papier est autorisé. 

Sur la Mini, on n’appelle pas maman quand on veut. On doit se contenter de la seule VHF pour communiquer, d’où des conversations entre concurrents qui n’existent quasiment plus du tout sur les autres épreuves atlantiques. Nicolas Raynaud – Mini Transat 1995

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kilomètres à parcourir

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concurrents au départ

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Semaines de navigation

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contact avec la terre

LE SKIPPER

Clément Delarue

Clément, artiste, photographe, vidéaste, graphiste, webmaster, monteur, facteur, ouvrier, écailler, cavalier, parapentiste… je suis un touche-à-tout ce qui m’intéresse.

Je n’ai pas toujours rêvé d’être un marin. J’ai bien fait un peu de bateau quand j’étais un gamin, mes parents, grand-parents, oncles, tantes… tous naviguaient. La voile faisait partie de notre culture familiale. Puis tour à tour ils se sont séparé de leur bateau. Ma vie de marin s’est brutalement arrêtée à l’age de 5 ou 6 ans. C’est la rencontre d’un skipper, Nils Boyer, qui m’a donné le goût du large. J’ai rencontré Nils en 2015, il avait besoin d’aide pour monter son projet de Route du Rhum 2018. Ensemble nous avons fait de grandes choses et il a terminé 6ème de cette Route du Rhum.

En 2019, j’ai eu la chance immense de faire le convoyage retour du bateau entre Pointe à Pitre et Saint Malo avec Nils après cette Route du Rhum. Pendant cette traversée je me suis dit «c’est mon tour». J’ai encore énormément à apprendre car je ne suis pas né sur un bateau comme beaucoup de navigateurs. Mais ça ne me fait pas peur, c’est même tout le contraire, l’apprentissage est l’un de mes plus grands vecteur d’énergie sur ce projet.

LE BATEAU

Il s’appel Spoutnik, idéal pour partir en orbite autour de la terre ! Il sera mon destrier pour cette Mini Transat (et plus si affinité !) C’est le prototype n°700. Ne pas se fier aux apparences, il est neuf. Construction commencé par Mathieu Morvan, il n’a jamais été terminé. C’est lors d’une escale dans un chantier naval que je suis tombé sur ce bateau. Une main tendue de la vie ou parfait hasard ? Question de perception.

C’est décidé, je vais finir sa construction et nous allons traverser l’Atlantique ensemble. Je contacte alors Mathieu son propriétaire pour lui en faire la proposition, et une belle histoire commence. Mathieu me fait découvrir d’un peu plus près la régate avec son autre bateau, un Muscadet, ancêtre du Mini 650.

Pourquoi ce choix “fantaisiste” pour certains, “idiot” pour d’autres ? Nombreux sont ceux qui ont essayé de me dissuader, de plutôt acheter un bateau “clé en main”, un bateau de série plutôt qu’un proto trop technique pour mon niveau. 

Passé le coup de cœur pour l’histoire de ce bateau qui ne voulait pas apprendre à nager, une autre raison de ce choix est assez simple, je n’ai pas les moyens d’acheter un bateau de série. La question ne s’est jamais posé. C’est donc un retour à l’esprit originel de cette Mini Transat, avec les moyens du bord et peu d’argent. Alors qu’en 1977 certains partaient avec le Muscadet familial quelque peu amélioré avec de bons bouts de ficelle, en 2019 certains budgets atteignent des sommes folles avoisinant 300 000€. Pour moi, pas question ! La genèse de cette course est bien la volonté de limiter les budgets pour la rendre le plus accessible. 

La préparation de mon Spoutnik je la ferai moi même. Avec mes petits moyens. C’est l’un des grands défis de ce projet. 

C’est aussi une question de cohérence avec les valeurs que nous représentons, un engagement environnemental que nous incarnons. C’est notre identité. N’ayant aucune ambition sportive de victoire, pourquoi construire un bateau neuf alors que celui ci ne demande qu’à naviguer pour un budget “modeste”. 

LES ObjECTIFS

Le premier objectif est d’être sur la ligne de départ. Cela implique la préparation, mise à l’eau  et mise au point du bateau pour finir par la qualification.

Arriver de l’autre côté. D’un point de vu sportif, viser la victoire ou même un podium n’est pas la place dun skipper débutant sur un bateau obsolète par rapport aux constructions neuves et leur pilotes d’expérience. L’optimisme n’est pas synonyme d’utopie. 

Sur le plan de la compétition, arriver en première moitié de tableau. Laisser plus de concurrents derrière moi que devant moi à l’arriver. La préparation et l’apprentissage en seront la recette. Gagner la “confiance en sois” nécessaire pour faire les bons choix tactiques, prendre les bonnes décisions. Rester concentré pour ne rien lâcher. Se dépasser pour repousser les limites.

Ramener le bateau par la mer plutôt qu’en cargo. Le retour cargo en ancré dans la culture de cette course. Mais pourquoi mettre un bateau sur un autre bateau ? La facilité, le gain de temps, les impératifs… C’est une question de choix. Un choix à faire dans la façon de monter nos projets. Je veux montrer que nous pouvons changer les codes.

L’objectif est de partir de zéro pour repousser les limites au plus haut.